L’art roman de cette région présente une personnalité marquante. La densité de l’architecture religieuse est très élevée. Des églises pré-romanes ont été aussi conservées, du temps des premiers carolingiens (IXe - Xe siècle) et présentent un grand intérêt car elles sont à l’origine du roman autochtone, dont certaines sont réellement singulières et exceptionnelles.
Parmi les nombreuses églises paroissiales et chapelles romanes, il serait possible d’en commenter une pour chaque commune, sauvegardée par ses habitants pour de petites raisons d’orgueil.
Mais s’il existe une raison pour laquelle le roman de la région est connu, c’est bien pour ses monastères bénédictins, ses abbayes augustiniennes et ses châteaux forts en hauteur.
Les premiers établissements bénédictins ont contribué à l’organisation de la région, pour le compte du pouvoir franc et des comtes locaux. A partir de la seconde moitié du XIe siècle, s’y sont ajoutés les canons augustiniens. Dans les monastères, l’art médiéval a fleuri sous toutes ses formes. L’expression la plus haute du roman de l’Empordà se trouve dans les monastères : synthèse du substrat local roman tardif, de l'art post-carolingien, des influences italiennes et du califat de Cordoue.
L’histoire de l’Alt Empordà comme région frontière l’a transformé en terrain de guerres et d’invasions constantes. Ce contexte nous a laissé une architecture défensive prolifique, avec des châteaux forts en hauteur et des villages fortifiés. Ils datent de l’époque wisigothe et surtout médiévale. Il existe aussi des forteresses des temps modernes et des fortifications plus récentes ou des reconstructions médiévales de la fin du XIXe siècle.